L’analyse de la stratification des avancées scientifiques des dernières années a enclenché un processus d’harmonisation des approches, de clarification des relations entre les objets d’études, puis d’identification de terrains de recherche communs aux membres de l’unité. En continuité avec les orientations scientifiques identifiées leur du dernier renouvellement, les équipes l’UMR MAP continuent à concentrer leur efforts de recherche dans deux axes transversaux, le premier portant sur les questions patrimoniales, le second sur la pratique architecturale.

MODELES ET METHODES D’ANALYSE DU PATRIMOINE ARCHITECTURAL ET CULTUREL

Au cours de la dernière décennie, les acteurs relevant du monde de la culture et du patrimoine  (conservateurs, détenteurs de collection, etc.), de l’enseignement ou de la recherche scientifique ont démontré une capacité grandissante à produire des contenus numériques – depuis de la donnée brute (du relevé aux contributions participatives) jusqu’à des ressources numériques interprétatives (par exemple sous la forme de cartographies ou de restitutions). Mais comment, concrètement, mettre en corrélation ces nouveaux contenus, pour quel service attendu ? Derrière l’opportunité se cache un écueil méthodologique significatif : comment inscrire ces nouvelles données et ressources dans une logique de production de sens ? Plus de contenus se traduit-t-il nécessairement, comme naturellement, par un gain de compréhension ? Ou, au contraire, la masse nuit-t-elle à notre capacité de synthèse et d’analyse ? Au final, quelle plus-value scientifique réelle attendre de cette capacité grandissante à produire des contenus numériques, au-delà de l’effet cabinet de curiosités ? Sommes-nous réellement en face d’une opportunité, ou plutôt d’un nouveau verrou méthodologique et technologique ?

Ces questions se posent dans la phase de production et d’archivage des contenus comme dans la phase d’exploitation, de mise en relation, de sensemaking. Par son positionnement scientifique et institutionnel, par la variété des instrumentations et méthodes mobilisées ces dernières années, enfin par ses partenariats et profils disciplinaires, le MAP peut contribuer à y répondre en partie. En effet, au travers des expériences menées depuis quatre ans (production et exploitation des jeux de données très différents en nature et en quantité, collaborations et échanges pluridisciplinaires) nous avons pu mieux identifier quelques une des frontières méthodologiques et technologiques majeures – inédites ou non – que cette nouvelle donne impose de franchir (caractérisation sémantique, analyse/corrélation de données massives et hétérogènes, mémorisation-transmission des processus d’analyse, collecte et annotation participative, dimension temporelle, qualité, etc.), et à partir desquelles notre programme s’organise en différents volets.

Inscrits au carrefour de tendances qui se font jour largement au sein du paysage contemporain des technologies et des humanités numériques, ces enjeux se traduisent tout à fait concrètement dans la façon dont nous pouvons aujourd’hui continuer à investiguer une thématique centrale dans l’équipe depuis de nombreuses années, celle du rapport entre formes architecturales, modalités de collecte et d’analyse de données, usages et intelligibilité des représentations.


A Relevé, restitution géométrique et caractérisation sémantique d’artefacts patrimoniaux

A2 – Caractérisation sémantique et variabilité : de la forme vers sa signature morphologique

A3 – Étude des processus de production et de construction du patrimoine bâti

A4 – Modélisation paramétrique de formes architecturales


B  Conservation préventive, conservation curative et restauration du patrimoine culturel.

B1 – Connaissance matérielle des biens culturels par l’usage de moyens d’investigation non destructifs et la fusion de données multi sources – documentation, imagerie scientifique, analyse des matériaux – et leurs représentations

B2 – Interaction entre les biens culturels, leur matérialité et l’environnement où ils sont placés, les paramètres environnementaux pouvant être structurels – climat, localisation, -ou conjoncturels – pollution, éclairage, exposition, gestion, public.

B3 – Développement d’outils de modélisation des mécanismes de dégradations afin d’appréhender l’évolution matérielle du bien culturel dans le temps, confronté à son environnement ou suite à des interventions sur le bien.


C
  Analyse, structuration et visualisation d’informations et de connaissances

C1 – Intégration, exploitation et visualisation de données et d’informations hétérogènes : les enjeux de la quantité et de la qualité.

C2 – Formalisation et visualisation comparative des processus de production de contenus numériques : l’enjeu de la traçabilité : Comment instrumenter, évaluer, valider et mettre en partage une démarche de formalisation et de mémorisation des processus de production de contenus permettant d’en assurer une réelle utilisation ou réutilisation du point de vue scientifique ?

C3 – Identification, structuration, modélisation des dynamiques de transformation : l’enjeu des données orientées temps.

C4 – Modèles informationnels comme outils d’analyse diachronique, cumulative et comparée.


D  Infrastructures et outils transversaux : des enjeux de déploiement

MODELES ET ENVIRONNEMENTS NUMERIQUES POUR LA CONCEPTION EN ARCHITECTURE

Depuis sa création l’UMR MAP a pour objectif de développer des méthodes et outils en vue d’instrumenter la conception architecturale. Aujourd’hui plus que jamais les acteurs de la conception de l’architecture, de la ville et du territoire sont confrontés à la transition numérique de leur secteur et l’UMR MAP a pour ambition de jouer un rôle moteur dans cette transformation notamment à travers les travaux de son Axe 2.

Le programme scientifique de l’axe 2 de l’UMR se présente selon 3 grands thèmes complémentaires. Le premier intitulé « Mutations des pratiques de conception architecturale » a pour visée d’interroger les pratiques et d’expérimenter des dispositifs en vue de produire des méthodes et des outils professionnels et pédagogiques pour accompagner la transition numérique. Le second thème intitulé « Assistance à la conception en phase amont » a pour objectif le développement d’outils numériques utilisables lors des phases précoces de l’activité de conception architecturale ; là où le rôle de l’architecte est essentiel. Enfin le troisième thème intitulé « Continuum numérique : de la conception à la fabrication » a pour objectif la mise en œuvre de méthodes, le développement et l’usage d’outils permettant une intégration de la modélisation virtuelle et de la fabrication du réel.


A  Mutation des pratiques de conception architecturale

A1 – Activités cognitives de la conception et de la perception

A2 – Activités collectives et collaboratives de la conception à la réalisation

A3 – Visualisation et interaction dans les espaces virtuels

A4 – Approches pédagogiques et professionnelles


B  Assistance à la conception en phase amont

B1 – Modélisation générative

B2 – Eco-conception générative

B3 – Approche par les ambiances et le confort


C  Continuum numérique conception – fabrication

C1 – Modélisation et Réalité Numérique Multi-Echelle (De l’Eco-conception à l’Eco-construction)

C2 – Conception et fabrication instrumentée par la CFAO

C3 – Mécatronique et impact de la fabrication numérique / construction robotisée sur la conception